Popa Chubby:
retour sur le ring de La Nef

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I l se donne des airs de méchant sur les photos. A même revêtu des gants de boxe pour les photos de son dernier album, dont le titre annonce la couleur: The Fight Is On. Et il risque bien de mettre tout le monde KO avec son blues, son rock bien costaud, ses hommages à Lou Reed et Motörhead, ses clins d’oeil à Snoop Dogg ou à Jay Z... Popa Chubby va envoyer les décibels mercredi soir à La Nef, à Angoulême.

Derrière l’image se cache pourtant un homme sensible, à fleur de peau, que le public charentais pourra retrouver en Charente, après son passage à Blues Passions en 1996, un premier concert à La Nef en 2004 et un autre à la Fête du Cognac la même année. Il sera sur scène avec deux autres musiciens, le batteur Dan Hickey et le bassiste AJ Pappas. Et deux guitares, dont une Stratocaster de 1966 — même si ce n’est pas «sa» Stratocaster de 1966, qui «avait besoin de dormir». Rencontre.

Votre dernier album s’appelle «The Fight Is On». Pour quoi vous battez-vous?

Très bonne question! En fait, j’ai dû me battre toute ma vie. Je dirais même que j’ai dû me battre dès le jour de ma naissance. Contre la pauvreté, contre l’addiction aux drogues, contre l’industrie du disque. J’ai appris que personne ne vous donne ce que vous méritez. Pour réussir, il faut se battre, continuellement.

Qu’est-ce qui vous met en colère?

Tant de choses! [Il éclate de rire] Donnez-moi une minute pour réfléchir... Je dirais que c’est l’ignorance, la véritable ignorance. Celle qui fait que certains refusent de voir la diversité – et sa richesse.

Vous parlez de bataille, vous utilisez des mots guerriers dans vos chansons, mais en même temps, dans Locked In Memory, vous dites que vous croyez en l’amour, en la gentillesse, en la rédemption, au pouvoir du pardon...

Vous voulez dire que je suis embrouillé dans ma tête?

L’êtes-vous?

Je n’en sais rien. C’est bien possible... En fait, je dirais que la plus grande bataille, c’est celle que je mène contre moi-même. J’essaie d’apprendre de mes erreurs. Ce que j’aimerais qu’on reconnaisse, c’est le droit à une seconde chance. Les humains sont imparfaits, ils peuvent juste faire des efforts parfaits. Et c’est ainsi qu’on a une chance de réussir.

Vous allez fêter vos 50 ans le 5 avril au BB King’s Club, à New York. Pour vous, avoir 50 ans, cela veut dire quoi?

A 50 ans, on a l’avantage de l’expérience, d’une certaine forme de sagesse. En revanche, on n’a plus l’arrogance de la jeunesse, celle qui permet tout. Disons que mon intention, aujourd’hui, est de faire de mon mieux. Et de prendre le temps de le faire. Quand j’étais plus jeune, je n’avais pas ce luxe.

Vous avez annulé le «combat de guitare» qui devait lancer votre tournée en France...

Oui, malheureusement, j’ai eu une pneumonie et j’ai passé deux jours à l’hôpital.

Il y en aura d’autres?

Je l’espère. J’aime entendre le futur de la musique. Je cherche toujours des «protégés» [NDLR: il emploie le mot français].

Vous faites souvent des «master classes», notamment pour les revues de guitare...

Je pense avoir développé quelque chose à offrir. Mais surtout, j’aime ce que cette jeune génération m’apprend à moi.

Avec qui aimeriez-vous faire un boeuf ou partager la scène?

Il y en a tellement! Ce serait le bonheur absolu de jouer avec Keith Richards, Leonard Cohen, un auteur brillant, ou encore Iggy Pop...

popa chubby the fight is on«The Fight is on»,
de Popa Chubby,
12 titres,
mars 2010,
chez Mascot.
 
 
 
 
 Popa Chubby, mercredi 17 mars, à 20h30, à La Nef, à Angoulême. Tél. 05.45.25.97.00. Tarifs: 20€ (22€ sur place, 15€ pour les abonnés).