Rosie Ledet
Le rayon de soleil du zydeco

Rosie Ledet

R osie Ledet est dans sa loge, en train de se maquiller. Presque prête à monter sur scène avec son accordéon, à faire guincher le public sur son zydeco. Nous sommes jeudi, premier jour du deuxième week-end du 32e Jazz & Heritage Festival, à La Nouvelle-Orléans.

«Je ne savais pas qu'on pouvait s'amuser autant!», lance-t-elle en riant. C'est ainsi qu'elle raconte sa première rencontre avec le zydeco, musique née en Louisiane. Adolescente, Rosie Ledet a longtemps refusé de suivre ses parents quand ils se rendaient au «French la la». Puis un jour, c'est la révélation. Elle a alors 16 ans. Sa tante vient de déclarer forfait, et il reste une place pour aller voir Boozoo Chavis. «Il a joué Zydeco Lady. J'ai reconnu le morceau! Ça ressemblait à Disco Lady.» Il n'en fallait pas plus pour qu'elle s'amuse elle aussi.

Un musicien du groupe s'approche, Maurice. «On s'est marié deux ans plus tard.» Une petite fille naît l'année suivante. «J'étais à la maison, avec mon bébé. J'ai pris l'accordéon de mon mari. J'ai commencé par Morning Train, de John Delafosse. En moins d'un an, je jouais.»

Et elle n'a pas arrêté depuis. Sur scène, entre titres traditionnels et surtout ses propres compositions, elle transmet sa joie de vivre. Joueuse, ensorceleuse, rieuse, charmeuse. Une femme heureuse. Et quand elle se met à parler de sa deuxième petite-fille, qu'on lui demande, surpris, son âge, elle lance: «C'est l'humidité de la Louisiane qui hydrate la peau!» Et éclate de rire encore.

La France, pour le 19e festival Blues Passions à Cognac en juillet, ce sera une grande première pour Rosie Ledet. Elle est ravie. Son joueur de washboard, lui, connaît. En 2009, Alex MacDonald faisait partie des Hellraisers de Dwayne Dopsie. L'accordéoniste et lui avaient épaté tout le monde par leur énergie et leur talent en 2009.

Alex Macdonald

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